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Conférence de Carême - Sainteté et réforme de l’Eglise

Le but de ces conférences est de vous exhorter et de vous encourager à la vie spirituelle et à la conversion pendant ce temps du Carême.

 

Saint François : « Va et rebâtis mon Eglise ! »

Portrait spirituel de saint François d’Assise (1181-1226)


Introduction

Saint François d’Assise est un contemporain de saint Dominique, c’est un « monument » de la spiritualité. Il fascine et une multitude d’ouvrages ont été écrits à son sujet, parmi lesquels des récits de sa vie : la Legenda major et la Legenda minor de saint Bonaventure, son successeur à la tête de l’Ordre des Franciscains.

Il vécut 45 ans durant lesquels il suscita de nombreuses vocations et fit construire des couvents en Italie mais également dans les pays alentours, alors, qu’à cette époque, la société était beaucoup moins mondialisée.

Saint François d’Assise a une influence considérable, non seulement sur la vie spirituelle de l’Eglise mais également sur la littérature, l’art et la vie sociale du Moyen-âge. C’est un saint certes intemporel mais qui est le reflet d’une époque de l’Histoire de l’Eglise.

1 / Un « Alter Christus »

Nombreux sont ceux qui ont dit qu’il était le plus grand saint de l’Histoire, il a très vite été désigné comme un « Alter Christus », cela pour différentes raisons :

- Il détient une radicalité évangélique sans commune mesure, il suit parfaitement les vertus évangéliques : la pauvreté, la chasteté et l’obéissance.

- Lorsqu’il s’adresse à ses contemporains, saint François a un langage extrêmement simple et ses recommandations sont concrètes : mendicité et reconstruction d’églises.

- Ce qui fait le plus référence au Christ en lui est le signe des stigmates. Vers la fin de sa vie, saint François va commencer à avoir les mêmes plaies miraculeuses que Jésus crucifié. C’est la confirmation de la Providence que saint François a été le fidèle imitateur du Christ. Il a vécu à sa suite et selon les préceptes de l’Evangile.

- Il a un succès spirituel certain, 5000 vocations sont répertoriées de son vivant et il est canonisé seulement 2 ans après sa mort.


2 / Les croix de saint François

Dire qu’il a été le modèle du Christ, implique forcément des croix. Si l’on cherche des saintetés sans croix, on se trompe de chemin « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive », dit Jésus. Tous les grands saints ont dû embrasser la croix. Dans notre chemin de chrétien, nous devons de plus en plus ressembler au Christ.


La croix de la maladie

Saint François est affaibli et finit aveugle à la fin de sa vie. C’est à cette période qu’il est transporté d’amour et qu’il écrit de magnifiques poèmes comme le Cantique de la Création, il décrit alors une nature qu’il ne peut plus voir à ce moment-là. Son côté contemplatif lui permet de garder toutes les beautés de la Création dans son cœur et de la chanter alors même qu’il ne la voit plus.


La croix des incompréhensions

Saint François fut meurtri par les incompréhensions, il ne voulait pas fonder un ordre, ni être le supérieur général d’une congrégation de milliers de frères, il était vraiment étranger à tout cela. Son intuition lui a complètement échappé et il dut organiser de son vivant une structure en train de croître de façon exponentielle. De ce fait, il rencontra des problèmes d’intendance (logement, finances, règles, constitutions…) alors qu’il ne voulait que mendier et prêcher. Comme tout grand saint, il entraina malgré lui dans son sillage de nombreuses personnes qu’il a fallu faire vivre ensemble. Il comprit qu’il s’agissait de la croix que le Seigneur lui demandait. Il dut se rendre à Rome pour faire approuver ses constitutions, il voulait une règle la plus simple possible axée sur la pauvreté et la mendicité. Il fut forcé à prendre des dispositions pour que les frères puissent avoir des biens, alors qu’il prônait une pauvreté radicale.


3 / Une sainteté de son temps

Etre saint signifie être saint dans son époque. C’est ce que fera saint François. Jésus a aimé la société dans laquelle Il vivait alors qu’elle n’était pas parfaite : lapidation des femmes adultères, occupation romaine, manque de denrées alimentaires… Pour développer notre propre sainteté, il faut aussi connaître le monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses espérances et savoir y répondre.


Période d’essor urbain et marchand en Europe

  • Contexte social et économique

Saint François est issu de la bourgeoisie comme son père Piedro Bernardone est marchand drapier. Ce dernier achète les étoffes dans d’autres contrées, notamment en Provence, où il rencontra la mère de saint François, d’où son nom Francesco, signifiant Le Français.

Il vécut à une époque que l’on appelle la petite renaissance, à la charnière du XIIe et du XIIIe siècle. On voit partout, dans ce qui formera l’Europe, un phénomène d’enrichissement, car il y a moins de guerres, moins de famines, l’artisanat se développe, on quitte les campagnes, les techniques agricoles ont progressé, les récoltes s’en ressentent. Une bourgeoisie apparaît avec de nouveaux modes de consommation (parfums, épices, vêtements), cela génère du commerce, le modèle économique évolue. Se produit alors une explosion de la monnaie (on passe du troc à l’échange monétaire). Le rapport à l’argent est différent, les problématiques sociales et économiques changent. On construit les grands bâtiments, au niveau de l’Eglise, ce sera l’édification des premières cathédrales.

La question de la richesse commence à agiter l’Eglise : elle sera au cœur de la conversion de saint François et de son message spirituel.


  • Contexte politique

La richesse amène la convoitise et la jalousie, nous sommes dans un temps de divisions entre les villes. L’Italie n’existe pas encore, elle connaîtra son unité plus tard. Florence, Padoue, Milan, Venise sont les villes principales, elles possèdent un petit territoire autour d’elles. Ces villes se font la guerre pour avoir la prédominance sur une région.

Il y a également une grande division entre le pape et l’empereur. Le Saint Empire vient jusqu’au nord de l’Italie actuelle et le pape a davantage d’alliés en Italie centrale. Le territoire de la Toscane est une zone tampon entre l’Empire et les états du pape.

François naîtra dans un environnement guerrier, belliqueux. En tant que fils de bourgeois, il appartient à la classe des chevaliers. Il vit quelque temps la jeunesse bourgeoise d’Assise mais à ses 21 ans - la grande rivale d’Assise est Pérouse - François part combattre puis est fait prisonnier.

Période d’institutionnalisation de l’Eglise

Près d’Assise se trouve la chapelle de San Damiano, où François va prier. C’est à ce moment-là de sa jeunesse que François a des pensées plus profondes après avoir connu l’emprisonnement. Il prend des temps de prière le soir, en regardant le crucifix dans cette chapelle (crucifix aujourd’hui placé dans la basilique sainte Claire à Assise), il entend cette voix : « Va François, répare ma maison qui tombe en ruine ». Tout d’abord il se lance dans des travaux de rénovation de cette chapelle puis il réalise que ce qui tombe en ruine, c’est l’Eglise.


L’Eglise n’est pas étrangère à ce mouvement d’accumulation des richesses. Pour construire des cathédrales, des évêchés, de l’argent est nécessaire. Dans un monde urbanisé, la pauvreté est manifeste et la question de la justice se pose. L’Eglise est alors mise en accusation pour cela : Que fait-elle donc pour les pauvres ? Cette question ne se posait pas de façon aussi virulente auparavant.


Les hérésies se développent. Dans le sud de la France et jusqu’en Italie, les cathares, en réaction à cette Eglise plus tout à fait parfaite, veulent créer, une Eglise de purs. Dans les communautés cathares, il y a de la délation concernant les fautes morales, il s’agit d’une vision du salut extrêmement restrictive : Ne peuvent être sauvées qu’un petit nombre de personnes. La vision de la miséricorde de Dieu est très étroite, elle ne peut s’obtenir qu’au prix d’efforts très importants.


L’Eglise a besoin d’être redressée dans son charisme évangélique de pauvreté, de chasteté, d’obéissance mais également dans sa doctrine. Les papes Innocent III puis Honorius III encouragent François et son « retour à l’Evangile ». De même François comprend que la réforme de l’Eglise se fait par la sainteté et l’obéissance. Il souffrira la contradiction jusqu’au martyre mais n’ira jamais contre l’institution.

François est prêt à partir pour la croisade mais il rebrousse chemin ; à Spolète (ville dans la province de Pérouse), une voix lui dit de revenir à Assise. Il est tiraillé entre les grands idéaux de chevalerie, de richesse, de séduction et en même il est révolté face à l’injustice, la pauvreté et la misère.


Le pape Innocent III voit une nuit en rêve, deux jeunes hommes en habits religieux qui soutiennent une Eglise en train de s’effondrer : c’est saint Dominique et saint François, à qui il autorise la création de l’Ordre des prêcheurs (les Dominicains) et de l’Ordre des mineurs (les Franciscains).


Pris par un élan de l’Esprit saint, François rencontre un lépreux repoussant à la porte d’Assise. François est alors pris d’amour pour lui, cela lui déchire le cœur. Il réalise sa chance et part embrasser ce lépreux, dans un geste qui lui semble être demandé par Dieu. Ce baiser le marque et lui fait comprendre qu’il est fait pour quelque chose de grand.


Ayant compris sa vocation, François va rendre son héritage à son père, il va déchirer ses vêtements et lui annonce vouloir servir le Seigneur sur les routes. Son père sollicite l’évêque qui s’incline devant l’appel du Seigneur face à la vocation de François.


Saint François a le désir fou d’évangéliser même au-delà des mers. Il réalise que la croisade ne sert à rien, il suffit de convertir le chef des infidèles. Il va alors avec deux frères mineurs à la rencontre du sultan. La discussion théologique est courtoise - c’est une des raisons pour laquelle on invoque saint François dans le dialogue inter-religieux - mais elle n’aboutit pas vraiment. Il est ouvert à tous « Ne s’interdire de discuter, y compris de Dieu, avec personne ». Il ne s’agit pas d’un dialogue stérile à un Dieu inconnu mais d’une démarche d’évangélisation.


Période de renaissance culturelle

François est dans cette époque de créativité poétique et littéraire. Il est un saint « poète » et « troubadour ». Il chante, écrit des poèmes et des prières. Il est l’un des premiers auteurs de langue italienne, il transmet sa joie, comme don Bosco, saint Dominique Savio ou saint Philippe Néri. La sainteté est marquée de la personnalité et de la culture de chacun.


4 / Une sainteté pour aujourd’hui

Posons-nous la question de savoir ce qui est transposable aujourd’hui dans la vie et dans les attitudes de saint François. Il s’agit d’une sainteté à la portée de tous.


L’homme de foi

La foi de saint François est indémodable ; c’est …une foi simple où, à une époque avec l’urbanisation, la scolarisation qui va de pair, la création de grandes universités comme la Sorbonne, il y a le risque d’une foi de plus en plus livresque, de plus en plus intellectuelle. Saint François, à cette époque-là, va ramener la foi à deux choses très simples : la pauvreté … et chanter l’Amour de Dieu dans la rue.

Saint François demeure une modèle indépassable de charité concrète et inventive - il embrasse les lépreux, crée la première crèche à Greccio - dans une société parquée par de grands écarts de richesse. Il fait montre d’un certain anti-intellectualisme : c’est la charité qui convertit les âmes.


Saint Jean-Paul II disait « Notre époque n’a pas besoin de docteurs et d’enseignants, elle a besoin de témoins et de saints ». En effet nous évangélisons beaucoup plus par notre exemple que par nos paroles. Les parents savent bien que les enfants sont avant tout des imitateurs, cela est vrai dans l’Eglise également. Quand l’Eglise n’est pas cohérente, elle n’évangélise pas.


L’homme de l’évangélisation et de la paix

Saint François cultive à la fois le souci d’annoncer le Christ à tous les hommes - il participe à la croisade, rencontre le sultan d’Egypte - et celui de les réconcilier par le même Christ. S’il est un modèle de dialogue, ce n’est pas au sens où on l’entend aujourd’hui, mais au sens d’un dialogue en vérité et en charité. Il a su convertir ses ardeurs guerrières pour une ardeur du dialogue inlassable.


L’homme intendant de la création

Saint François loue la création en ce qu’elle est le reflet de l’Amour de Dieu pour nous et en toute chose. On parle aujourd’hui de l’écologie, mais le pape François nous a montré qu’il fallait en fait parler de la Création. En disant cela, nous ne mettons pas l’homme en opposition avec la nature. La Création est un concept englobant ; l’homme est au sommet de cette Création qui lui a été confiée, elle était là avant lui, il doit donc en prendre soin. Dans tous les aspects de la Création, il y a la trace de l’imagination, de l’amour et de la créativité de Dieu.


François parle aux poissons, aux oiseaux, aux loups de Gubbio afin qu’ils n’attaquent pas les villageois…Il compose Le Cantique de la Création qui replace l’homme au centre dans une position d’intendant des biens confiés. Saint François pose ainsi les jalons d’une doctrine sociale de l’Eglise. Les enjeux économiques et écologiques actuels peuvent conduire à s’en inspirer, sans caricature.


Saint François n’est pas un panthéiste, il ne considère pas qu’il y a un petit dieu en toute chose, mais il voit en chacune des créatures comme une trace que Dieu a laissée afin que nous puissions voir dans la hauteur de la Montagne, la grandeur de Dieu, dans la lumière du soleil, la lumière qu’il apporte à nos vies, dans la chaleur du feu, la façon dont il réchauffe notre cœur durant un instant de prière, dans le parfum des fleurs, la bonne odeur de la sainteté. Dans la terre se trouve le rythme des saisons qui gouverne un certain nombre de choses, saint François compare cela au gouvernement que Dieu a sur les événements.

5 / L’émerveillement

Le Cantique de la Création nous invite à quelque chose que nous avons peut-être perdu, il s’agit de l’émerveillement. Saint François nous ramène à cette grâce de l’émerveillement :


Dans la beauté

Il s’agit d’une beauté qui nous saisit, qui est extérieure à nous, cela provoque en nous un rejaillissement intérieur. Cela nous pousse à nous décentrer, afin d’arriver à nous extasier de quelque chose qui est hors de nous. Souvent notre société cherche à s’extasier d’elle-même, le meilleur exemple est le phénomène du selfie. Parfois malheureusement la photo remplace le regard humain.

Par un message des créatures

Chaque créature nous renvoie un message : la fleur nous dit quelque chose de Dieu, l’infinité des espèces d’oiseaux ou d’insectes nous dit quelque chose de la richesse et de la générosité de Dieu, l’infini de l’horizon, nous dit quelque chose de la grandeur de Dieu.


Au niveau christologique

Ce n’est pas seulement le Créateur que nous admirons mais aussi le Christ qui a admiré tout cela. Dans les expériences que nous avons, nous pouvons nous émerveiller du fait que Jésus a vécu et admiré les mêmes paysages que nous. Nous pouvons alors nous rapprocher du Christ dans l’expérience de l’émerveillement.

6 / La pauvreté

Le dépouillement

Un certain dépouillement nous permet de mieux vivre l’émerveillement « Il s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » 2 Co 8, 6. « Il s’est vidé de lui-même » Phil 2. Sans téléphone, par exemple, nous avons plus de chance de nous émerveiller de ce que nous voyons. Voici la première des pauvretés : faire confiance à Dieu dans la vie de tous les jours, dès aujourd’hui. On peut être pauvre matériellement mais absolument pas dans la confiance et l’abandon.


Pour saint François, la pauvreté n’est vécue que comme un moyen de l’abandon à la Providence de Dieu. S’il s’agit d’une pauvreté pour elle-même, ce n’est pas intéressant. C’est là où parfois, nous dressons un portrait un peu simpliste de saint François, alors que sa vie n’est rien d’autre que l’imitation du Christ, y compris du Christ en Croix.


La sobriété, l’ascèse

La pauvreté qu’il prône n’est pas l’exaltation de la pauvreté dressant, par principe, les riches contre les pauvres. Il s’agit de la pauvreté comme un moyen d’abandon et de confiance en Dieu. Evidement il faut s’exercer à cette pauvreté quelle que soit notre situation financière, nous sommes tout de même dans une société d’abondance et de gaspillage, qui manque de peu de choses, dans l’immense majorité des cas.


Effectuons une certaine ascèse, revenons à une certaine sobriété, voilà vraiment un moyen de nous rappeler nos limites. Pendant le Carême, le jeûne permet de ressentir ce manque et cette limite.

L’identification au pauvre

Le sommet de la pauvreté est l’identification au pauvre : ressentir, partager le sort du pauvre par solidarité. C’est aussi sortir de nos logiques de performance et de réussite. Nous pouvons tous passer par cette étape dans nos familles, notre travail, mais aussi dans l’Eglise où nous pouvons être prisonniers de ces logiques de réussite, de rentabilité ; Saint François en est l’antidote.


7 / Sainte Claire d’Assise

Sainte Claire était du même milieu que saint François, elle était issue de la bourgeoisie d’Assise. Leur amitié existait avant leur entrée dans le monde religieux. Sainte Claire faisait partie de l’aventure franciscaine, Saint François ne s’est pas désintéressé du sort des clarisses.

Sainte Claire a également été un soutien pour saint François dans les périodes d’épreuves, une relation de frère et sœur s’installa. Sans doute était-elle plus organisatrice et Mère Abbesse que ne pouvait l’être François ! L’amitié est aussi un cadeau que Dieu nous fait dans la sainteté.


Cultivons les amitiés que Dieu nous donne, prenons saint François comme ami spirituel et faisons-nous des amis au Ciel !

 
Bibliographie

Lectures conseillées et disponibles à Boutique Notre-Dame,

12 rue André, AMIENS I boutique@notredameamiens.fr


- Petites vies de : saint François, saint Benoît, saint Dominique, saint Ignace, éditions Artège

- L’amitié des saints, de Marie-Eugène de la Croix, éditions du Carmel

- Les Fioretti de saint François d’Assise

- Sagesse d’un pauvre, de Eloi Leclerc

 

Annexe

Cantique de la Création de saint François d’Assise

Très haut tout-puissant, bon Seigneur, à toi sont les louanges, la gloire et l’honneur et toute bénédiction. À toi seul, Très-haut, ils conviennent Et nul homme n’est digne de te mentionner.


Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement, par Monsieur frère Soleil, lequel est le jour et par lui tu nous illumines. Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur, de toi, Très-Haut, il porte la signification.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles, dans le ciel tu les as formées claires, précieuses et belles.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps, par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau, laquelle est très utile et humble et précieuse et chaste.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Feu par lequel tu illumines dans la nuit, et il est beau et joyeux et robuste et fort.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre, laquelle nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec leurs fleurs colorées et l’herbe.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par ceux qui pardonnent pour ton amour et supportent maladies et tribulations.


Heureux ceux qui les supporteront en paix, car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.


Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre Mort corporelle, à laquelle nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels.


Heureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera pas de mal.


Louez et bénissez mon Seigneur, et rendez-lui grâce et servez-le avec grande humilité.

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