top of page

Homélies de Janvier

Homélie du 21 janvier 2024

3e dimanche du Temps Ordinaire – année B – Parole de Dieu

Par don Xandro


Venez à ma suite. 

Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.


Nous venons d’entendre la Parole de Dieu, nous l’avons écoutée, je l’espère. Mais la question est de savoir comment nous allons y répondre ! Comment réagir face à l’appel à la conversion de Jonas qui s’adresse aux habitants de Ninive ? Comment entendre cette incitation de saint Paul : que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, […] car il passe, ce monde tel que nous le voyons ? Comment entendre l’appel du Christ lancé à Pierre, André, Jacques et Jean à tout laisser pour le suivre ?


Première réponse possible, le froid nous a empêché d’écouter durant la messe. La solution est donc de se concentrer davantage !

Deuxième réponse, nous avons bien écouté, mais nous ne nous sentons pas concernés ! Nos engagements sont ailleurs, famille, travail… Impossible de tout quitter et de suivre Jésus ! Pourtant saint Pierre était marié, et il a quand même tout laissé pour le suivre. Et saint Paul nous dit bien que même mariés et engagés dans le monde, nous devons vivre comme si ce n’était pas le cas…

Troisième possibilité, et c’est la bonne, en ce dimanche de la Parole de Dieu, nous arrêtons de diluer cette Parole, de la neutraliser par des excuses et nous la prenons au sérieux ! Cela suppose de prendre le temps de l’écouter, d’entrer en dialogue avec Dieu, de lui demander sa volonté, de le mettre à la première place.


Quand est-ce que la Parole de Dieu a pour la dernière fois provoqué un changement radical dans notre vie ? Je ne parle pas d’un « saupoudrage » moral, spirituel, où nous allons nous contenter de mettre un peu plus d’amour dans ce que nous faisons ! Bien sûr qu’il nous faut mettre plus d’amour dans nos actes, mais cela n’est pas suffisant ! Jésus appelle à tout quitter pour le suivre. André et Simon, Jacques et Jean laissent leur filet, laissent leur père. Et nous, quand avons-nous renoncé à quelque chose qui faisait partie de notre vie, afin de suivre Jésus ? Quand avons-nous changé une habitude, un métier, notre cercle d’amis, notre rythme quotidien ou hebdomadaire, parce que la Parole de Dieu nous le demandait ? 


Il ne s’agit pas d’un bon sentiment, d’une vue de l’esprit, mais cela doit se voir ! Concrètement où le Christ apparait-il dans notre emploi du temps ? Pour certains, il s’agira de tout laisser et de le suivre radicalement : vocation religieuse, vocation sacerdotale. Mais pour tous, il s’agit d’avoir cette disponibilité intérieure.


Soyons prêts à entendre Dieu, lorsqu’Il nous appelle, nous qui avons entendu dimanche dernier Samuel dire : Parle Seigneur ton serviteur écoute ! Ultimement, tout revient à ceci : Faisons-nous ce que nous voulons, ce que nous estimons bon, ou bien concevons-nous notre vie comme une réponse à Son appel, à sa Parole ? 


 

Homélie du 14 janvier 2024

2e dimanche du Temps Ordinaire – année B

Par don François


Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi !


Dans quelques instants, comme chaque dimanche, après avoir entendu la Parole de Dieu, nous allons entrer dans le cœur de la Messe : le sacrifice de l’Eucharistie. Dieu se rend présent, le Corps du Christ, offert sur la croix et ressuscité, est désormais vivant pour toujours, caché sous l’apparence d’une hostie de pain. C’est le cœur de notre foi ! Parce que nous croyons à l’efficacité des paroles de Jésus « Ceci est mon corps livré pour vous », nous croyons aussi à la permanence du commandement laissé par Jésus à ses Apôtres « Faites cela en mémoire de moi ».


Quelques minutes auparavant, un geste un peu mystérieux va être réalisé au cours du moment que l’on appelle l’offertoire, c’est le geste de l’encensement. L’encens est ce parfum précieux que l’on réserve     habituellement à Dieu. Après avoir encensé le pain et le vin, qui vont devenir le Corps et le Sang du Christ, le servant d’autel va ensuite encenser le prêtre qui agit au nom du Christ - on dit que le prêtre agit alors comme le Christ-tête. Puis le servant va venir se placer devant l’assemblée, vous allez vous lever, et il va vous encenser, vous, les membres du Corps du Christ, pour que chaque membre de l’assemblée devienne une offrande pour la gloire de Dieu !


Le Corps du Christ va vous être présenté lorsque le prêtre dira : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’agneau, c’est l’animal doux et innocent par excellence. La blancheur de sa laine symbolise la pureté, l’absence totale de péché. Et comme les juifs avaient la coutume d’offrir des agneaux en sacrifice, Jean Baptiste présente Jésus comme l’Agneau de Dieu, c’est-à-dire que Jésus est l’offrande, la victime pure et parfaite, offerte pour nous. 


Est-ce que je crois que toute ma personne, mon âme et mon corps, sont signes de Dieu ? Dans notre société, le corps fait l’objet d’une grande adulation, mais aussi parfois d’un très grand mépris. Le corps considéré bien souvent dans son apparence seulement extérieure devient une carte de visite ; ce corps que l’on peut passer des heures à regarder dans la glace, mais aussi ce corps qui nous complexe, que nous n’assumons pas, que nous ne voulons pas voir, ou que nous cachons ; notre propre corps, ou celui des autres ; le corps de ce malade, de cet infirme, de ce vieillard, de cette personne laide, que nous évitons ; le corps objet de désir, de convoitise, de dégoût, de rejet… 


Nous naviguons entre idolâtrie du corps - le corps est tout, il est comme un dieu - et mépris du corps  - le corps est un boulet, une enveloppe qui nous opprime et dont il faut s’affranchir. On en arrive alors à décider de tout, y compris de changer de corps… Rappelons peut-être que Dieu a non seulement créé ce corps - et donc qu’il l’aime - mais aussi qu’il l’a lui-même assumé. C’est le mystère de l’Incarnation fêté à Noël : « et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous »


Comme toute réalité matérielle, notre corps est mortel, fragile, soumis aux effets du temps. Dieu qui est un pur esprit, ne connaît pas le vieillissement, le dépérissement. Et pourtant… Notre corps reçoit sa vie de notre âme. Corps et âme sont indissociablement unis l’un à l’autre. Sans notre corps, notre âme se trouve incapable d’entrer en relation avec les autres. Notre âme a besoin du corps pour entendre, parler, toucher, embrasser. Lorsque notre âme est triste ou malade, c’est tout le corps qui parfois le ressent : regard vide, tensions inexplicables, cœur serré. Et parce qu’il sont inséparablement liés, notre corps et notre âme ont une destinée commune. Après la mort, cette séparation momentanée de l’âme et du corps, notre corps sera appelé à ressusciter. C’est le cœur de notre foi « Je crois à la résurrection de la chair ! » Dieu transformera et renouvellera notre corps !


Contrairement à une idée fausse, mais largement répandu, c’est le christianisme qui a donné au corps ses lettres de noblesse. Là où l’antiquité ne voyait dans le corps qu’un objet, le christianisme a apporté la notion de dignité du corps, inséparablement liée à la dignité de la personne dans son ensemble, corps et âme. Pendant des siècles, le corps était sans valeur, et ce sont les chrétiens qui ont développé massivement les orphelinats et les hôpitaux pour les personnes âgées ou malades, pour les blessés de guerre.


Aujourd’hui, les cathédrales sont toujours debout, mais le christianisme n’est plus notre référence de pensée commune. On peut s’en désoler, mais c’est un fait. Il n’est alors pas illogique de voir resurgir une vision païenne du corps : le « corps objet », ou le « corps déchet ». Les réseaux sociaux glorifient le corps, les lois bioéthiques veulent de plus en plus le réduire à un matériau, à un objet d’expérimentation et de manipulation. 


Ecoutons à nouveau la parole de l’Apôtre : « Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont des membres du Christ. Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été rachetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. »


Chers frères et sœurs, vivre en chrétien ne consiste pas à obéir à une morale extérieure, mais à être de plus en plus habité intérieurement, au point que, comme le dit saint Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » Lorsque l’on se livre à la débauche, qu’on se laisse aller à toutes nos addictions et convoitises, le Christ est loin de nous et n’habite plus ni notre cœur, ni notre corps. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous interpelle : donnez-vous ! Votre vie n’est pas à vous-mêmes ! Offrez-vous en hostie vivante ! Cessez de prendre votre corps pour un objet de jouissance, mais imitez le Christ : donnez-le par amour. Soyez le temple de l’Esprit, ce temple dans lequel Dieu veut habiter, Lui qui a donné sa vie pour pouvoir y demeurer. 

 

Homélie du 7 janvier 2024

Solennité de l’Epiphanie du Seigneur

Par don Régis


Ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent leurs présents :

de l’or, de l’encens et de la myrrhe.


Alors qu’ils ne connaissaient sans doute pas le vrai Dieu, les mages en provenance de l’Orient, sont venus adorer l’enfant-Dieu. Ils ont été conduits vers Lui d’abord par la contemplation de la nature, œuvre du Créateur. 


Il y a là en germe dans cet évènement quelque chose qui va advenir dans toute l’Histoire, à savoir que tout homme - quels que soient son origine, son pays ou sa croyance - peut accéder à ce Dieu qui veut se faire connaître et qui nous parle par son Fils.


Les mages avaient un cœur qui cherchait et se laissait guider, un cœur prêt à offrir et à s’ouvrir. Ils ont apporté avec eux des présents : de la myrrhe pour l’homme mortel, de l’encens pour le Dieu, de l’or pour le Roi. 


En retour, lorsque l’on s’approche de Dieu avec de bonnes dispositions, lui offrant ce que nous avons, tout ce que nous sommes, Dieu vient toucher notre cœur par sa Parole et le transforme. 


Cheminons vers le Seigneur, pour reconnaitre qu’Il est vraiment présent au milieu de nous, pour l’adorer de tout notre cœur, et nous laisser transformer par Lui. 

 

Homélie du 1er janvier 2024

Solennité de Marie, Mère de Dieu

Par don François


Ne nous éloignons pas de Marie qui nous conduit à Jésus  !


La fête de Marie, Mère de Dieu, déjà présente avant que notre calendrier grégorien soit en place, vient parachever la fête de Noël. Huit jours après sa naissance, Jésus reçoit son nom, qui signifie Dieu sauve. Chez les juifs, le nom est bien plus qu’une simple appellation, il détient tout le contenu de la mission et de la vocation de la personne.


Dieu a voulu que son fils naisse et grandisse dans une famille. Jésus est venu à nous par Marie, et il veut que nous allions à lui par Marie. Ne nous éloignons pas de ce chemin direct, de ce cadeau de Dieu qu’est Marie, sans quoi nous risquerions de nous perdre ! 


Dans les évangiles, on voit que Marie est discrète mais bien présente, particulièrement dans les moments décisifs, depuis l’Annonciation. Jésus n’avait pas prévu de faire son premier miracle à Cana, mais c’est la prière insistante de Marie qui obtient tout, parce qu’elle a tout pouvoir sur le cœur de son fils. Et Jésus en a voulu ainsi, il commence alors sa mission grâce à Marie. 


Marie est présente au calvaire où Jésus nous la donne comme mère. Dépositaire de la mission de Jésus depuis le début, Marie est le rappel de cette alliance entre Dieu et l’homme. Elle a connu Dieu en sa chair, elle est le signe de cette collaboration entre la grâce et la nature. 


Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous célébrons Marie comme mère de Dieu, elle qui a donné chair au corps de Jésus, mais qui a également permis à sa divinité de venir jusqu’à nous. Jésus est totalement Dieu, elle n’est donc pas seulement mère de Jésus, mais mère de Dieu. 


En ce début d’année, prenons Marie, mère de notre foi, dans notre prière quotidienne, afin de nous rapprocher de Jésus. Confions lui toutes nos intentions, notre désir d’être toujours plus proche de son fils. Demandons-lui la paix du cœur, et que derrière les difficultés de notre vie se trouve toujours l’espérance de vivre avec le Christ. Amen.

bottom of page