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Homélies de Juillet-Août

Homélie du 27 Août 2023,

Par don Xandro


La victoire, c’est Dieu qui s’en charge !


Sans doute connaissez-vous ces films de sport où « une équipe de bras cassés » avec le petit jeune, le maigrichon, le gros, le bigleux, le timide, finit à chaque fois, de manière inattendue, par gagner contre « l’équipe des grands méchants ». Cette victoire est toujours miraculeuse, les joueurs étaient sur le point de perdre, mais grâce au coach qui croit en eux et qui leur parle à la mi-temps, grâce à leur esprit d’équipe et de solidarité, à leur supplément d’âme, et malgré toutes leurs différences, ils gagnent contre l’autre équipe bien meilleure, mais composée d’égoïstes. Et à la fin les méchants finissent même par les féliciter.


Cette équipe, sur laquelle on ne misait pas grand-chose, c’est l’Eglise : ce ne sont pas 11 joueurs, mais 12 Apôtres qui ont pour capitaine Pierre et pour coach Jésus. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle et je te confie les clés du royaume », Jésus choisit Pierre comme capitaine alors qu’il va pourtant avoir des paroles inadéquates quand Jésus annonce qu’Il va devoir mourir pour ressusciter : « non, jamais Seigneur », avec cette parole terrible de Jésus « Va derrière-moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Il fallait que Pierre apprenne qu’il a sa place dans cette équipe, non pas parce qu’il est fort, mais parce qu’il est faible. En effet, par trois fois, Pierre reniera Jésus et après la résurrection a lieu cette magnifique rencontre où Jésus va lui demander à trois reprises « - Pierre, m’aimes-tu ? - Tu sais tout, tu sais que je t’aime. » Pierre comprend qu’il est incapable, par ses propres forces, d’aimer le Seigneur comme Il le mérite, mais il mise tout sur Lui. C’est aussi ce que fait si magnifiquement saint Paul, lorsqu’il s’adresse à l’Eglise naissante de Corinthe :

1 Co 1, 2631 : 26 Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. 27 Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; 28 ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; 29 ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. […] 31 Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.


Finalement tous ces réalisateurs de films de sport ne font que reprendre ce grand thème biblique, que l’on trouve déjà dans l’Ancien Testament : Dieu veut faire éclater sa gloire en remportant la victoire avec une équipe perdante. Dans le livre de juges, Gédéon part en guerre contre les éternels adversaires des israélites avec 30 000 hommes :

Jg 7, 2 : Le Seigneur dit à Gédéon : « Le peuple qui est avec toi est trop nombreux pour que je livre Madiane entre ses mains. Israël pourrait s’en glorifier et dire : « C’est ma main qui m’a sauvé. »


Dieu demande de renvoyer des hommes, il n’en reste alors plus que 300 qui partiront en guerre, ainsi Dieu fait éclater sa gloire dans la victoire qu’Il remporte. Cette victoire que nous attendons, cette victoire du salut du monde, de la gloire de Dieu, c’est par cette Eglise des faibles, qu’elle doit éclater.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous ?


Voici 5 attitudes du cœur pour répondre au plan de Dieu qui appelle des pécheurs pour bâtir son Eglise sur et avec eux :


1/ La première, c’est l’humilité. Nous ne sommes pas digne, mais pour autant nous ne refusons pas la responsabilité qui nous est confiée. 2 Co 4, 7 : « Ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, tout le monde verra que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. »


2/ A cette humilité, qui fut celle de Pierre à la fin de sa vie et qui doit être la nôtre et qui est la seule réponse à l’action de Dieu à travers nous, doit s’ensuivre l’émerveillement. Plutôt que de critiquer l’Eglise, la hiérarchie, les chrétiens qui sont parfois incohérents et ne vivent absolument pas ce qu’ils professent, il faut s’émerveiller de l’action de Dieu. Ne soyons pas étonnés des faiblesses et du péché, le Christ lui-même a appelé Pierre Satan. Mais le miracle, c’est que malgré l’état pitoyable de l’équipe, l’Eglise est encore là, elle a reçu la promesse de la victoire ! C’est à cette Eglise là que le Christ a promis que les puissances de la mort ne l’emporteront pas. Alors à chaque fois que nous voyons les incohérences et les incompétences des chrétiens, émerveillons-nous de ce que Dieu puisse agir à travers cela depuis 2000 ans et qu’Il continue à le faire.


3/ De là pourront découler la confiance et la foi. Comme dans l’équipe de foot, les joueurs gagnent car ils font confiance au coach. Nous croyons à l’action de Dieu dans l’Eglise. Le Christ nous a promis qu’il serait avec nous « tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20) et l’Esprit Saint agit dans cette Eglise « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31)


4/ Cette Eglise, il faut l’aimer, parce que Jésus l’a voulue, c’est son Eglise, son Epouse pour qui Il s’est livré et qu’Il veut rendre pure et belle par son amour (cf. Ep 5,25-27). Seul l’amour peut rendre meilleur, c’est parce qu’on est aimé qu’on devient aimable. C’est parce que Jésus aime Pierre et que celui-ci le ressent, malgré tous ses manquements, qu’il finit par devenir saint Pierre. Seul l’amour peut faire ressortir, dans les pauvres gens que nous sommes, le meilleur, avec la grâce de Dieu.


5/ Enfin, cet amour se concrétise dans la communion entre nous, dans l’amour fraternel. C’est l’unité de l’équipe qui assure la victoire. Jn 17, 21 : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé. »

Voici ce que le Seigneur nous demande : une humble confiance qui s’émerveille de l’Eglise que l’on doit aimer pour la rendre belle et unie. Le reste, la victoire, c’est Dieu qui s’en charge !

 

Homélie du 23 Juillet 2023,

Par don François

Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson


1/ Voir le bon grain !


Le royaume des Cieux est comparable à un homme

qui a semé du bon grain dans son champ.

Avec les premières paroles de l’Evangile de ce jour, un premier constat s’impose : il y a du bon grain dans le monde, et il y a du bon grain dans chacune de nos vies !

A force de se focaliser sur ce qui ne va pas, sur les mauvaises nouvelles - bien réelles, et que personne ne peut nier - nous risquons de devenir aveugle sur le bien que Dieu fait. C’est le début de l’athéisme et, selon toute logique, de la désespérance ! Notre monde est triste, il se revêt de mauvaises nouvelles à longueur de journée car il ne croit pas au Royaume !


Cultiver un regard d’émerveillement, ce n’est pas être naïf ou idéaliser les situations ou les personnes. L’émerveillement est une profession de foi : je sais que Dieu agit dans le monde et dans ma vie. Pour cela, il nous faut cultiver la gratitude dont je vous ai parlé dimanche dernier. Prendre le temps chaque jour, personnellement ou en famille, de rendre grâce pour ce qui s’est vécu de beau, c’est comme recueillir ce bon grain, l’entretenir, l’arroser, le protéger pour le faire grandir.


Outre l’action de grâce, la présence du bon grain en même temps que de l’ivraie, dans notre vie comme dans le monde, nous invite à cultiver une autre vertu : le discernement qui est l’art de distinguer, de séparer avec justesse ce qui est bon de ce qui ne l’est pas. Il est tellement facile de dire, souvent trop rapidement : C’est nul, ou à l’inverse, de s’enthousiasmer trop vite pour des chimères, de placer une espérance démesurée dans des réalités imparfaites !

2/ L’ivraie ne vient pas de Dieu !


Son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla.

Souvent, nous sommes tentés d’attribuer nos malheurs au Seigneur, c’est le fameux : qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ! L’Evangile de ce jour nous rappelle que Dieu est bon ; Il ne sème que du bon grain ! Tout ce qui vient de Lui est amour, paix et joie. Le reste vient du Mauvais. Ne nous faisons pas l’accusateur de notre Dieu, mais accusons plutôt « l’Accusateur » ! Ce nom lui va si bien ! C’est précisément en le dénonçant que l’on peut combattre le Mal dans notre vie.

3/ Dieu est patient


Dieu n’arrache pas tout de suite les mauvaises herbes. En effet, quand les premières pousses germent dans le potager, on ne peut pas encore dire s’il s’agit de radis, de haricots, ou de mauvaises herbes ! Notre impatience peut parfois mettre en danger notre croissance. Un enfant à qui on dirait trop vite ou trop tôt : Ne fais pas ci ; ne fais pas ça ! sera comme inhibé, craintif, il ne saura pas prendre de risques. C’est le risque de la liberté, le mal est toujours possible, mais sans liberté, pas de croissance, et donc pas de bon grain.


Chers frères et sœurs, lorsque nous sommes touchés par l’impatience envers un proche, un ami qui ne change pas, qui a toujours les mêmes défauts, je vous conseille cette petite pensée qui personnellement m’aide beaucoup : regardez la patience de Dieu envers nous ! J’ai tel âge, je traine tel péché depuis tant d’années, et le Seigneur me garde toujours auprès de Lui. Il me reprend dans ses bras, confession après confession ! Quelle patience ! L’amour prend patience, nous dit saint Paul dans son hymne à la charité.


4/ Dieu est juge


Bien souvent, nous sommes tentés de nous ériger en juge, non seulement de nous-même, de notre vie, mais aussi des autres. Or, on est bien souvent mauvais juge de soi-même ! On se voit d’un œil trop flatteur, ou trop dur. Certains se condamnent : je suis nul, je ne vaux rien, ma vie est un échec…Voilà des paroles qui réjouissent davantage celui qui a semé de l’ivraie que celui qui a semé du bon grain en nous !

Il en va de même avec notre prochain : connaissons-nous vraiment les motivations de ses actes ? Son histoire, ses blessures ? Selon l’interpellation du pape François : qui sommes-nous pour juger ?

5/ Dieu est juste


Le jugement qui aura lieu au retour du Christ dans la gloire doit être pour nous source d’espérance et non de crainte ! Ce sera le temps de la moisson !


Dans la prière eucharistique, juste avant la consécration, le prêtre s’adresse à Dieu en disant : Arrache-nous à la damnation éternelle et veuille nous admettre au nombre de tes élus.

Arrache-nous ! Voilà qui nous rappelle la parabole d’aujourd’hui !

Puis à la fin du Notre Père : Délivre-nous du mal.

Le prêtre poursuit alors en disant : Nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.

Attendons comme une libération ce jour de l’avènement du Sauveur : enfin le tri sera fait dans notre âme !

Oui, il y aura une responsabilité de chacun devant Dieu, et cela est juste. Comment pourrions-nous accepter que le pire des truands ou des dictateurs reçoive le même sort que les grands saints. Seul Dieu connaît le cœur de chacun et son repentir, mais il est clair qu’un égalitarisme devant la moisson ruinerait tout le travail des moissonneurs.


Chers frères et sœurs, dans cette Eucharistie, nous pouvons compter sur Celui qui s’est « attaché » pour nous sur le bois de la croix, pour nous « arracher » aux mains du Mauvais. C’est le Christ, le semeur et le moissonneur, qui travaille pour nous, patiemment, Lui, le juste juge qui vient encore aujourd’hui dans l’Eucharistie semer le bon grain dans le champ de mon cœur. Amen.

 

Homélie du 16 Juillet 2023,

Par don François

La gratitude, secret de la joie


En vacances dans le sud de la France, j’ai eu la joie de découvrir le magnifique potager de mes parents et ses délicieux légumes. Mais de retour à Amiens, quelle ne fut pas ma surprise en voyant le piteux état dans lequel se trouvait le jardin du presbytère qui, selon toute apparence, avait bien souffert de la sécheresse ! Mais alors, Dieu ferait-il tomber la pluie sur certains jardins et pas sur d’autres ? Ou l’entretien y serait-il pour quelque chose, tout comme la fréquence de l’arrosage ?


De la même manière, aujourd’hui l’Évangile nous dit que Dieu sème dans tous les cœurs. L’Écriture nous dit aussi qu’il fait tomber la pluie sur les justes comme sur les injustes. Au jour de notre baptême, nous avons tous reçu la graine de la foi, et nous sommes appelés à la faire grandir, à l’irriguer… et à enlever les mauvaises herbes ! Il y a dans la croissance de notre foi une mystérieuse collaboration entre le don de Dieu et la participation de l’homme. Sommes-nous soucieux d’irriguer notre âme, en particulier durant cette période estivale ? Evidemment cela passe par la prière et par l’écoute de la Parole de Dieu, mais aujourd’hui, je voudrais vous parler de ce mystérieux système d’irrigation, celui de la gratitude, que l’on appelle aussi « l’action de grâce ».


Pour expliquer cela, prenons l’image du cycle de l’eau : lors de l’évaporation, l’eau monte de la terre et des océans pour former les nuages qui laissent retomber la pluie sur la terre afin de l’irriguer. La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, nous dit le prophète Isaïe.

Il y a quelque chose d’analogue dans notre vie spirituelle. Bien sûr, nous avons besoin de la pluie, mais cette eau qui tombe du ciel peut tout aussi bien ruisseler dans les failles de la terre, être stockée dans des citernes… Sans évaporation, elle ne remonte pas vers Dieu. Parfois, nous nous plaignons que la pluie ne tombe plus, que notre âme est comme un désert aride, mais avons-nous fait remonter vers le ciel l’eau que nous avons reçue ? Rendre à Dieu tout ce qui vient de Lui, voilà ce qu’est l’action de grâce ! Plus nous rendons grâce, plus les pluies seront abondantes ! Cela se vit déjà au plan humain : à quand remonte votre dernier « merci » à votre conjoint, à vos parents, à vos enfants, à vos collègues, à votre curé ? Soyons généreux dans nos mercis !

Les effets de la gratitude ont déjà été étudiés - scientifiquement - et toutes les études sont formelles : la gratitude et l’émerveillement augmentent non seulement la santé mentale mais aussi l’espérance de vie ! Preuve que nous sommes faits pour rendre grâce !

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, prenons la décision de dire « merci » aux membres de notre famille, mais surtout à Dieu qui se donne à nous dans le sacrement de l’Eucharistie. Laissons descendre ce don de Dieu en nous et soyons dans l’action de grâce. Celui que l’on reçoit dans l’hostie n’est pas seulement la semence, mais le semeur qui a donné sa vie sur la croix par amour pour nous. Voilà l’immense don de Dieu qui est renouvelé à chaque fois dans le saint sacrifice de la messe. Accueillons cette pluie de grâce, laissons-la irriguer notre âme – en particulier dans le temps de silence après la communion – puis adressons nos « mercis » au Seigneur, dans le secret de notre cœur, pour laisser remonter vers lui toute grâce reçue. Amen.

 

Homélie du 9 Juillet 2023,

Par don Xandro

Soyez des disciples doux et humble de cœur


En observant notre société, en auscultant le cœur de nos contemporains et notre propre cœur, nous constatons une grande inquiétude, nous sommes tendus, stressés, fatigués. En tant que prêtre, je reçois très régulièrement des confidences évoquant que notre âme est agitée : difficulté à trouver la paix intérieure, lassitude particulièrement en fin d’année… Evidemment que le changement de rythme, les départs en vacances vont nous permettre de trouver un cadre plus paisible. Il est bien légitime de vouloir prendre du repos, mais cela ne signifie pas pour autant que notre cœur s’en trouvera apaisé. Les conflits latents, les difficultés familiales et professionnelles continueront de hanter notre esprit même lorsque notre corps trouvera le repos.

Voici différentes manières de réagir face à ces symptômes, mais il s’agit-là de cinq fausses bonnes idées :


1/ Se mettre à l’écart

Changer nos habitudes, nous éloigner des difficultés que nous rencontrons peut paraître une solution efficace mais il est impossible de passer une vie entière à l’écart du monde.

2/ S’endurcir

Il est possible de se mettre à l’abri de certaines de nos émotions négatives, mais dans ce cas-là, nous nous privons également de ce qui fait la beauté de la vie et nous perdons notre joie de vivre.

3/ S’étourdir

Alcool, activités extraordinaires… peuvent nous étourdir et ainsi nous permettre d’oublier nos soucis durant quelques instants.


4/ Vouloir résoudre l’intégralité de nos problèmes

Il peut être tentant de se dire qu’une fois tous nos problèmes résolus, tout ira bien, mais c’est peine perdue !


5/ Se croire supérieur

Il est facile de penser qu’un peu de sagesse philosophique peut nous placer au-dessus de la mêlée pour ne pas nous laisser atteindre…

Mais ce ne sont-là que de fausses solutions !


Aujourd’hui, Jésus nous donne la vraie cause de notre agitation, Il nous dit que si notre âme est troublée, si nous sommes tendus, c’est parce que nous sommes orgueilleux. Difficile à entendre ! Nous pouvons être tentés de nous justifier en mettant en avant des difficultés... Mais qu’en est-il de la vie de Jésus ? De sa naissance à sa mort, il a connu la précarité, le rejet, l’incompréhension, les insultes, la trahison et la mort sur la croix. Malgré ce contexte défavorable, Jésus n’hésite pas à nous dire : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous procurerai le repos.


Le secret de Jésus le voici : Tout m’a été remis par mon Père. L’assurance inébranlable de Jésus, sa confiance à toute épreuve ne viennent pas de lui, mais des mains du Père de qui Il reçoit absolument tout ce dont Il a besoin. Aujourd’hui, Jésus veut nous faire entrer dans cette filiation, dans ce repos, cette paix de l’âme, ce calme intérieur qu’Il tient du fait qu’Il est le Fils.

Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Jésus est humble car Il sait qu’Il a tout reçu. De cette humilité découle inévitablement la douceur. La dureté, qui si souvent nous caractérise, cette violence, cette agitation que nous percevons dans la société est le fruit d’un manque d’assurance, de confiance, non pas en soi, mais en Dieu !

C’est l’orgueil qui nous fait dire que tout nous est dû, mais Jésus nous dit que tout est don, puisqu’Il a tout reçu de son Père. Et cela s’applique à nous aussi, comme saint Paul l’a écrit dans la première lettre aux Corinthiens : Tout nous appartient, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais vous, vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu, 1 Co 3, 21-23.

Si nous voulons trouver le repos de l’âme, si enfin nous voulons entrer dans cette paix de Dieu, la solution est simple : devenons des disciples doux et humble de cœur, assidus à faire le bien, attentifs à éviter le mal, prêts à porter notre croix pour enfin mourir et ressusciter.

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