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Homélies de mars

Homélie de don François,

Le 25 mars 2023 - Annonciation


Dieu vient parmi nous caché dans le ventre de sa mère


Chers frères et sœurs, l’Annonciation est une grande solennité pour l’Eglise, c’est le commencement de l’histoire du Salut, l’annonce de la venue de Dieu dans le monde. Cette venue est rendue visible lors de la Nativité, que nous célébrons le 25 décembre, mais elle se réalise déjà à l’Annonciation, que nous fêtons neuf mois plus tôt, le 25 mars. Dès ce moment, Dieu nous sauve par une merveilleuse condescendance divine. Le projet de Dieu, déjà promis par les prophètes, s’accomplit.

Voici comment Dieu se rend présent dans nos vies et dans le monde :

L’obéissance : « Il n’a pas retenu jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais Il s’est abaissé, prenant la condition de serviteur » , nous dit saint Paul.


Dieu se manifeste à nous à travers l’obéissance. Le Fils, qui était de toute éternité auprès de Dieu, reçoit de son Père la mission de venir parmi nous.

Cette obéissance divine ne pouvait passer que par l’obéissance de l’une d’entre nous. La Vierge Marie est venue réparer ce que Eve, par sa désobéissance, avait défait. C’est par la désobéissance que le mal et le péché sont entrés dans ce monde, et c’est par un acte d’obéissance libre et volontaire, que le Salut s’accomplit.

Dans notre vie quotidienne, que ce soit dans le domaine familial, amical ou professionnel, des occasions nous sont données d’entrer dans cette obéissance volontaire, mais combien de fois, au nom de notre autonomie, avons-nous refusé d’obéir ! Si Marie et Joseph avaient agi de la sorte, la Rédemption n’aurait pas pu avoir lieu.

L’obéissance demande de renoncer à sa volonté propre pour une mission plus grande, qui nous dépasse. Marie a dit oui avec simplicité au message de l’ange car, dans tous les aspects de sa vie, elle a déjà choisi d’entrer dans ce mystère de l’obéissance.

La discrétion : « La puissance du très-haut te prendra sous son ombre. »

Celui que les prophètes annonçaient depuis des siècles ne vient pas dans le monde avec tambours et trompettes, Il ne vient pas par une grande apparition à Jérusalem, ni même lors d’un événement public. Un ange parle à une jeune fille retirée dans sa chambre. Dieu aime ce qui est caché, Il va d’abord venir parmi nous caché dans le ventre de sa mère.

Peut-être voudrions-nous parfois que Dieu se manifeste plus visiblement dans nos vies, qu’Il se montre avec plus de puissance, mais les plus grandes réalisations de Dieu sont bien souvent invisibles à vue humaine. Dieu peut faire des choses merveilleuses en nous sans que personne ne les voie, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’Il n’agit pas. Dieu a toujours cette dimension cachée, car Il respecte profondément notre liberté.

La solitude : « Alors l’ange la quitta. », nous dit le dernier verset de cet évangile.


La manifestation de Dieu se fait souvent dans la solitude. Toute la vie de Marie s’appuiera sur cette visite de l’ange.

Essayons, nous-aussi, d’identifier ce moment où Dieu nous a visités. N’attendons pas que cela se renouvelle ! Appuyons-nous sur cette grâce que Dieu nous a donnée pour continuer à le suivre, à être son serviteur, sa servante tout au long de notre vie.

Comme la Vierge Marie, posons un acte de foi, de confiance et d’obéissance. Croyons que Dieu agit dans nos vies, même si nous ne recevons pas sa visite chaque jour. Dieu est présent, caché, au milieu de nous et d’abord aujourd’hui dans son Eucharistie. Amen.

 

Homélie de don François,

Le 20 mars 2023 - Saint Joseph

Saint Joseph, l’homme de la Foi


J’ai prié saint Joseph bien tardivement, vers l’âge de 26 ans, au moment où la question de la vocation s’est posée à moi. J’ai pu alors découvrir le soutien indéfectible de ce grand saint.

De passage dans une église, en proie à de répétitifs questionnements, je me suis mis à prier devant une statue de saint Joseph. Le soir même, alors que j’attendais cela depuis si longtemps, j’ai reçu la conviction intérieure que je pouvais faire confiance à Dieu, que je n’avais désormais plus rien à craindre !


Saint Joseph est à la fois celui qui nous procure l’audace de la foi, celui qui nous aide à franchir le pas, et celui qui enlève toute crainte, en particulier toute crainte devant Dieu.

Tant de témoignages attestent la prière puissante de saint Joseph !

Contrairement à Marie qui était présente à Cana et qui a vu le commencement du Royaume, saint Joseph n’a pas pu voir Jésus grandir et débuter son ministère public, mais il fait preuve d’une confiance totale à la Providence.

Alors, nous-aussi, ayons cette même confiance lorsque, nous ne voyons pas les fruits de nos efforts. Même si nos yeux ne perçoivent rien, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne se passe rien dans les cœurs de ceux qui nous entourent.

Saint Joseph avait un regard de foi sur Jésus, et pourtant il a dû traverser bien des épreuves : Marie est enceinte, un recensement est prévu, il doit fuir en Egypte car Hérode décide de tuer tous les nouveau-nés. Néanmoins sa foi reste inébranlable.

L’Eglise connaît des événements qui la secouent, mais avec saint Joseph comme saint patron, elle affronte les tempêtes.


A présent, regardons ce qui dans nos vies nous fait vaciller : s’agit-il d’un péché en particulier ? De notre situation financière, professionnelle, familiale ou conjugale ?

En cette solennité de saint Joseph, posons un acte de foi et n’hésitons pas à lui confier tous nos soucis !

 

Homélie de don Xandro,

Le 19 mars 2023

Comme l’aveugle-né,

à travers l’adversité, affermissons notre foi !


Enfin un récit de guérison, d’illumination, de rédemption, de re-création qui est honnête - car c’est bien de cela dont il s’agit ! Habituellement les récits de guérison se déroulent un peu comme des contes de fées, ils se terminent par : « et ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leur vie… »

Ce récit de l’aveugle-né a été choisi pour accompagner les catéchumènes, afin de leur montrer les difficultés, l’affrontement qu’ils connaîtront, car ici les vraies conséquences sont nommées :

  • L’aveugle-né guéri par Jésus va subir un procès qui n’est pas sans rappeler le procès de Jésus : « on l’amène aux pharisiens », on l’interroge, deux fois, il se fait accuser et insulter car il a été guéri par le Christ: « ils se mirent à l’injurier », « tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance » .

  • L’aveugle-né va être jeté hors de la synagogue.

  • Il est exclu du cercle des savants, de ceux qui détiennent le savoir, des gens « raisonnables ».

  • Il est délaissé par ses proches, même par ses parents.

Voilà ce qui attend ceux qui sont guéris, illuminés, rachetés par le Christ ! C’est à cela que vous devez vous préparer, chers catéchumènes, et vous aussi, chers fidèles qui décidez de vous mettre sérieusement à la suite du Christ. Avec le baptême, la conversion, la guérison par le Christ, vous risquez d’être exclus du cercle des savants, et d’être relégués au rang des esprits rétrogrades et naïfs.

Mais cela nous a déjà été annoncé. 400 ans avant Jésus-Christ, le philosophe grec Platon - qui peut être perçu comme un prophète païen - a anticipé dans son œuvre La République la venue du Christ et cette situation de l’aveugle-né :

  • Dans le livre II, Platon annonce que le juge sera condamné et crucifié :

« Ceux qui placent l'injustice au-dessus de la justice diront que le juste, tel que je l'ai représenté, sera fouetté, mis à la torture, chargé de chaînes, qu'on lui brûlera les yeux, qu'enfin, ayant souffert tous les maux, il sera crucifié. »


  • Dans le livre VII, l’Allégorie de la caverne relate le récit entre Socrate et son élève : Des hommes sont enchainés au fond d’une caverne depuis leur enfance et éclairés exclusivement par un feu. Ainsi, ils ne peuvent percevoir que des ombres projetées sur la paroi devant eux. L’un d’entre eux se libère de ses chaines et sort de la grotte. Il réalise alors que le jeu d’ombres et de lumière de l’intérieur de la caverne n’est qu’un pâle reflet de la lumière du soleil. Ainsi, il comprend qu’il s’agit vraiment de la seule source de lumière et de vérité. S’il entre à nouveau pour annoncer cette réalité bien plus belle à ses compagnons, il sera certainement pris pour un fou et mis à mort.

Cette situation correspond à celle de l’aveugle-né qui a vu beaucoup plus que les autres et retourne le dire aux hommes.

Mais cette adversité n’a pas l’effet attendu, au contraire, au lieu de décourager le croyant, elle le fait progresser ! Voyez comment l’aveugle-né affermit sa foi au fur et à mesure qu’il subit les interrogatoires, connaît l’insulte et l’exclusion :

« L’homme qu’on appelle Jésus m’a guéri » … où est-il ?

  • L’aveugle-né répond tout d’abord : « Je ne sais pas. »

  • Puis : « C’est un prophète. »

  • Puis encore : « Il est de Dieu. »

  • Ensuite, il se considère comme un « disciple. »

  • Enfin, il se prosterne : « Je crois, Seigneur ! Tu es le fils de l’homme, le fils de Dieu. »

Il est magnifique de voir comment Dieu se sert de l’adversité croissante, des injures, des épreuves et même de l’exclusion de la communauté des « sachants » pour affermir la foi de l’aveugle-né. C’est là tout ce que nous vous souhaitons, chers catéchumènes, et ce que nous demandons pour chacun de nous qui essayons de suivre le Christ. Amen

 

Homélie de don François,

Le 12 mars 2023

J’ai soif, donne-moi à boire !


Chers frères et sœurs, cet évangile de la Samaritaine nous parle d’une femme dont le prénom ne nous est pas donné. Peut-être l’évangéliste a-t-il voulu que chacun de nous puisse ainsi se reconnaître en elle !

Resituons le contexte historique de l’époque : nous sommes en Samarie, il y a environ 2000 ans. Suite à un schisme divisant le royaume, les Samaritains se sont coupés du reste du peuple d’Israël. Ainsi ils jouissent d’une autonomie, ont leur propre foi, leur propre religion, leur propre temple. Cette Samaritaine est donc politiquement et religieusement rejetée par les Juifs.

Alors que les femmes dans ce pays ont pour habitude d’aller puiser l’eau au puits entre amies, à la fraîche, cette Samaritaine décide d’y aller seule, à midi, afin de ne pas être vue et moquée, elle qui a eu cinq maris.


« J’ai soif, donne-moi à boire ! »

Par cette supplication, Jésus demande à la Samaritaine, comme il le demande à chacun de nous, de lui ouvrir son cœur, afin d’y déverser sa source d’Amour.

La Samaritaine représente l’humanité assoiffée - comme une citerne vide, creuse et fissurée - à la recherche de Celui qui peut lui donner la vie en plénitude. A travers notre recherche effrénée de biens matériels, en répondant à l’appât du gain, de la reconnaissance, de la jouissance sous toutes ses formes, nous ne cessons de creuser notre propre tombe, un puits sans fond qui ne retient pas l’eau. Ainsi, nous demandons à des réalités finies de nous apporter un amour infini. C’est de là que viennent notre tristesse et notre honte.

Mais il existe également des puits d’où jaillissent une source, ces puits sont sources de vie. L’Evangile nous dit que Jésus s’assied au pied de la source, Il va rendre vie à ce puits, comme Il veut rendre vie à nos âmes.

A travers sa demande, Jésus réclame un peu d’amour à cette femme qui tout d’abord refuse, sans doute par honte. Jésus va alors venir l’aider à toucher du doigt sa vraie blessure. Reconnaître ses péchés et ses incohérences, c’est une Grâce que Dieu nous fait !

Ce regard de vérité sur nos vies, il nous faut l’avoir spécialement en confession, en avouant nos péchés et nos manques, en évitant d’avoir des paroles trop vagues qui ne permettent pas à la Grâce d’agir profondément en nous. Plus notre confession sera fine, droite et sans détour, plus la grâce de Dieu pénètrera en profondeur en notre âme. Il y a une grâce plus grande que d’être pardonnés, c’est celle de savoir de quoi nous le sommes.


« Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité »

Cette femme vient de découvrir que Jésus est la source de l’Amour, elle s’interroge alors où elle pourra puiser cette eau chaque jour, où elle pourra adorer. Jésus répond qu’il faut adorer, quel que soit le lieu, en esprit et en vérité, c’est-à-dire en contemplant le Père, source de l’Amour, d’où vient toute vie, en le priant en la personne même de Jésus, avec l’Esprit Saint.

Chers frères et sœurs, lorsque nous avons reconnu que nous sommes cette citerne vide et que nous avons fait l’expérience de recevoir l’Amour infini, nous devenons immédiatement missionnaires, comme la Samaritaine qui abandonne sa cruche et retourne en hâte vers la ville pour rendre témoignage de sa rencontre avec Celui qu’elle reconnaît à présent comme le Christ, le Sauveur. Par l’expérience du pardon et de l’adoration, tout chrétien devient missionnaire. Alors, durant ce carême, demandons la grâce de reconnaître nos vides et notre soif d’être aimés.

Seigneur, tu es la source de l’Amour,

Toi seul peut assouvir mon désir d’aimer et d’être aimé à l’infini.

Aide-moi à ne plus rechercher l’amour dans des choses matérielles.

Donne-moi de reconnaître mes fautes en vérité,

Donne-moi d’avoir un esprit d’adoration,

Donne-moi de prendre le Christ comme modèle,

Lui le vrai adorateur du Père.

Seigneur, donne-moi l’esprit d’Amour,

lui seul peut me donner le zèle de t’annoncer au monde entier.

Amen.

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