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Homélies du mois de Novembre

Homélie de don Paul

Messe de commémoration de tous les fidèles défunts, le 2 Novembre


Dans l’élan et la lumière de la grande fête de la Toussaint, cette fresque de joie où nous avons contemplé hier tous les élus dans la Gloire de Dieu, nous célébrons aujourd’hui la commémoraison de tous les défunts, nous les portons dans notre prière, vous êtes nombreux ce matin à venir prier pour eux.


C’est un grand mystère que cette prière ecclésiale pour tous les fidèles défunts qui ne sont pas encore arrivés à l’accomplissement de leur vie mais qui sont sûrs d’être sauvés !

Les âmes du Purgatoire sont dans la Charité mais elles n’ont pas encore atteint la plénitude, c’est pour cela que nous prions pour elles.

Vous faites célébrer une messe pour toutes ces âmes, celles de vos familles bien sûr mais également pour toutes les âmes pour lesquelles personne ne prie, les âmes oubliées.


Dans la première lecture des martyrs d’Israël, nous avons entendu la raison pour laquelle les juifs priaient pour les défunts. Ils avaient foi déjà dans le Résurrection alors que le Christ n’étaient pas encore venu éclairer ce grand mystère. Ils avaient foi en une vie au-delà, ils savaient que l’offrande des vivants pouvait avoir une importance pour le Salut éternel de ceux qui étaient juifs mais qui avaient un peu pactisé avec le paganisme.

La prière des vivants est efficace au-delà de la mort.


A la fin du XIXe siècle, un petit curé très modeste, le curé d’Ars avait une très grande confiance dans la prière pour les âmes du Purgatoire. Il avait cette formule extraordinaire : Le Purgatoire, c’est l’infirmerie du Bon Dieu.

Le Pape Benoit XVI, dans sa deuxième encyclique sur l’Espérance, reprendra cette idée que le Purgatoire n’est pas seulement une purification mais une guérison.


Dans une infirmerie se trouve un médecin. Pour nous les chrétiens, il n’y a qu’un seul médecin : le Christ.

Il est l’unique Sauveur de tous les hommes, c’est Lui qui est le médecin de toutes les âmes, c’est Lui qui peut nous soigner de tout ce que le péché a blessé en nous.

Dans une infirmerie, se trouvent également des infirmiers et infirmières, il s’agit de nous. Nous pouvons aider, non pas le médecin à faire le diagnostic - le jugement n’appartient qu’à Dieu - non pas à soigner - car seul le médecin peut soigner - mais nous pouvons prêter notre secours au médecin et c’est notre rôle dans l’Eglise.


Quel grand mystère !

Nous pouvons, non seulement être sauvés par le Christ l’unique Sauveur, mais nous pouvons aussi contribuer au salut de ceux que nous aimons et qui nous sont confiés.

Nous ne nous substituons pas au médecin mais notre prière aujourd’hui vient comme aider, par la Charité qui nous habite, à faire en sorte que les âmes soient davantage ouvertes à l’œuvre de la guérison et de la purification.

Quel est le laser que tient ce médecin pour pouvoir cautériser et soigner les plaies les plus profondes de l’âme ? C’est le feu de l’Esprit. C’est dans l’Esprit-Saint que nos défunts reçoivent la guérison.


Le Purgatoire est la manifestation ultime de la Miséricorde dans cette guérison qui s’obtient par l’Amour. Ce n’est pas du tout un mystère de vengeance de Dieu.

Selon la conception chrétienne c’est une guérison dans l’Amour que produit dans l’âme l’œuvre de l’Esprit-Saint.


Nous pouvons, pendant la messe en particulier, susciter cette guérison de l’âme.

Nous avons dans les mains une grand pouvoir, l’Eglise nous dit que nous pouvons non seulement faire célébrer des messes mais aussi réciter le chapelet, pratiquer l’aumône, vivre la charité fraternelle ; tout cela peut être offert pour le salut des âmes.


Le jour de votre mort, ces âmes viendront vous voir et vous rappelleront le moment où vous êtes venus à la messe, où vous avez prié de tout votre cœur pour elles, où vous avez cherché à vous convertir et elles vous remercieront de les avoir aidées à gagner le Ciel. Il y aura beaucoup de reconnaissance, de gratitude au Ciel et nous-mêmes au cours de notre chemin sur terre, nous pouvons demander aux âmes du Purgatoire, qui sont des âmes pleines d’Espérance, de nous aider à garder cette Espérance que nous sommes faits pour la vie éternelle, que ce que nous avons célébré hier est pour nous.


Il y a un échange de Bien entre les âmes pour lesquelles nous prions et ce qu’elles vont nous apporter aussi dans l’Amour de Dieu car elles sont déjà pour une part dans la Charité de Dieu. C’est le grand mystère de la Communion des saints : la communion de l’unique Eglise des saints, du Purgatoire et de la terre, traversée par le même Esprit-Saint, le même Sang, la même sève qui nous habitent.


C’est un grand mystère et nous sommes très reconnaissants envers le Seigneur, lui-seul Sauveur, de permettre que nous puissions aussi prier pour nos frères et sœurs en Purgatoire.

Amen




Homélie de don Edouard

Le 7 Novembre 2021


Une dame, que tout le monde connaît ici, se promène toujours aux alentours de la cathédrale en abordant les passants de manière assez intempestive. Contrairement à la veuve de l’Evangile, c’est elle qui récupère quelques pièces, elle nous demande notre ‘superflu’. En réalité, nous savons très bien que c’est de notre ‘essentiel’ dont elle a besoin : elle mendie notre amour ! Nous savons tous que cela coûte d’aimer les gens qui ne sont pas si facile à aimer mais cette femme a besoin de notre amour bien plus que de nos piécettes.


Dans la première lecture la veuve de Sarepta rencontra Elie alors qu’elle n’avait plus rien à manger pour son enfant. Parce qu’elle a crû en Elie, qui lui-même croyait en la Parole de Dieu, elle a tout donné et alors, elle ne manqua de rien.

Donnons, non pas parce que nous avons, mais parce que nous croyons qu’il y a quelqu’un qui est plus important et sur qui nous pouvons miser et ainsi osons donner plus que ce qui serait raisonnable. De la même manière, la veuve de l’Evangile, une fois arrivée dans le temple, donna à Dieu tout ce qu’elle avait, elle donna son essentiel.


Connaissez-vous l’histoire de la poule et du cochon ? Lorsqu’on donne quelque chose, on peut donner de deux manières. Dans l’omelette aux lardons, la poule donne de manière concernée, en donnant les œufs qu’elle produit ; le cochon, lui, donne de manière impliquée, il se donne lui-même.


Et nous, comment est-ce que nous nous donnons dans notre travail, dans notre famille, dans notre communauté ? Donnons-nous de manière concernée ou de manière impliquée ? Celui qui s’est donné jusqu’au bout, de manière impliquée, qui a mis toute sa confiance en son Père, qui n’a pas fait semblant de vivre la Passion jusqu’à la mort, c’est Jésus, l’Agneau immolé.


En tant que Chrétiens, nous portons le nom de Christ, voulons-nous nous donner entièrement ? Voulons-nous accomplir notre vocation en nous impliquant ? Acceptons-nous d’être immolés avec lui ? ou alors, sous couvert d’être raisonnables, préférons-nous donner avec réserve


Aujourd’hui encore, heureusement, comme il est dit dans l’Evangile « beaucoup de riches mettent de grosses sommes dans le tronc », ils se sentent concernés, merci à eux ! mais ont ils pris sur leur superflu, ou sur leur essentiel? Jésus, lui, s’est mis à genou pour laver les pieds de ses disciples, Il a donné son Corps, il a versé son Sang. Par lui, avec lui et en lui, devenons des hommes et des femmes eucharistiques.


Nous venons de célébrer la fête de tous les Saints, eux qui ont misé sur Dieu et non sur eux-mêmes : saint François d’Assise n’a pas fait semblant d’embrasser le lépreux, saint Maximilien Kolbe n’a pas fait semblant de donner sa vie dans un camp de concentration, prenant la place d’un père de famille et louant le Seigneur avec les autres condamnés jusqu’à la mort. Saint Jean-Paul II n’a pas fait semblant de donner sa vie pour l’Eglise jusqu’au bout.


Nos évêques rassemblés à Lourdes, se sont mis à genou, ont demandé pardon, se sont humiliés, ils se sont impliqués en acceptant de prendre sur eux le poids de la responsabilité, sans se justifier.


Chers frères et soeurs, aujourd’hui associons-nous à ce que nous célébrons dans l’Eucharistie, le don total de l’Amour qui donne son Corps et son Sang pour que nous soyons sauvés.

Amen




Homélie de don Edouard,

Le 11 Novembre2021


En passant devant le palais de justice, un bas-relief, faisant office de lieu de mémoire, nous indique l’emplacement de la Charité de saint Martin. Un jour peut-être, des pèlerins viendront ici pour notre Dame d’Amiens, pour saint Jean Baptiste, pour saint Firmin mais aussi pour saint Martin. Pour cela, nous devons nous « martiniser », ce serait le pèlerinage de la Charité de saint Martin.


Comme nous le voyons sur les iconographies, saint Martin était un officier, il avait beaucoup d’humilité, on dit même qu’il aimait l’humiliation, du moins la recherchait-il, ressentant son indignité. Alors qu’il n’avait pas encore reçu le baptême, il alla jusqu’à se faire serviteur de son serviteur.


C’est ici, à Amiens, qu’il fit son catéchuménat. Il dut lutter avec beaucoup de force, comme chacun de nous, contre le désir de puissance et de reconnaissance. Avant même d’être chrétien, il lutta contre le vieil homme qui était en lui. Un jour il eut un appel intérieur, c’est à ce moment-là qu’il tira son épée pour couper son propre manteau afin de le donner à un pauvre.

La nuit suivante, il comprit que, du débordement de son affection, de sa compassion, était née une rencontre avec le Christ lui-même. Que c’est beau ! Il en est de même pour nous, quand nous rencontrons un pauvre, c’est Jésus caché qui est vraiment là et nous appelle « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Quand nous donnons de la nourriture, de l’attention, un habit à un pauvre, nous consolons Jésus caché en lui. Les pauvres nous permettent de trouver Jésus, lui qui aime les petits jusqu’à s’identifier à eux, à se faire l’un d’entre eux. Là où un pauvre souffre, le Christ souffre, là où un pauvre a froid, le Christ a froid, là où un pauvre a faim, le Christ a faim. Celui qui s’est fait l’un de nous, s’est fait Un avec nous, notre souffrance se fait sa souffrance, notre joie se fait sa joie.


La plupart du temps nous tolérons le pauvre, parfois nous le supportons, il nous arrive d’éprouver des sentiments pour lui, de faire quelques gestes à son égard. Demandons à saint Martin de nous donner l’amour du pauvre.


Le Seigneur nous attend dans nos actions du quotidien, pas forcément dans des actes héroïques ou grandioses. Soyons des saints de l’ordinaire, des saints de la classe moyenne, « des saints de la porte d’à côté », comme nous le dit le Pape François. Etre saint, à l’exemple de saint Martin, c’est faire la volonté de Dieu, non pas demain, mais ici et maintenant. Saint Martin avait compris que Dieu lui avait préparé ce pauvre. En partageant son manteau, il fit quelque chose d’ordinaire, d’abordable ; ce que l’Esprit Saint et sa compassion lui avait suscité.


Toute sa vie Saint Martin n’eut de cesse d’aimer. Il ne laissa en héritage que les conséquences fécondes de son amour si délicat. Le pauvre se laissa aimer et ne refusa pas de prendre la moitié de son manteau car, par le partage, saint Martin se fit pauvre avec le pauvre, sans condescendance mais avec une grande délicatesse.

Une fois baptisé puis ordonné évêque de Tours, saint Martin progressa encore dans l’amour. Un archidiacre avait reçu la mission de vêtir un pauvre - mission qu’il omit de remplir. C’est encore saint Martin, qui, très discrètement, donna son manteau du dessous au pauvre. Celui qui était riche s’appauvrit pour enrichir le pauvre. A travers cette action, nous reconnaissons Jésus, qui, de condition divine, n’a pas gardé pour lui sa richesse, s’est humilié, s’est fait pauvre et obéissant jusqu’à la mort sur la Croix avant d’être exalté. Dieu choisit saint Martin comme exemple pour nous. Sa charité était si discrète, que Dieu voulut la montrer à tous en faisant apparaître une boule de feu pendant la messe.


Chers frères et sœurs, demandons nous aussi d’avoir une délicatesse de la charité d’aimer, comme saint Martin, qui a été une incarnation de l’amour du Christ jusqu’au bout. Demandons de prendre la place du pauvre, d’entrer dans le même dépouillement que celui du Christ et donc de celui des saints authentiques qui sont des saints qui aiment de manière ordinaire mais qui se sont vaincus eux-mêmes, avec la grâce de Dieu, et ont accepté de se laisser dépouiller.

Aujourd’hui et demain, soyons attentifs aux petites choses de l’amour fraternel, de l’amour ordinaire car c’est là que le Seigneur nous attend, c’est cela qui nous rend vraiment saints à la manière du Christ, à la manière de saint Martin.

Amen




Homélie de don Charles-Marie,

Le 14 Novembre 2021


A la lecture de la parabole du figuier dans l’évangile de saint Marc, nous pouvons avoir l’impression que la fin du monde sera une destruction, mais Jésus nous annonce au contraire une perfection à saisir. Garder cela à l’esprit quotidiennement permet de ne pas avoir peur du retour de Jésus mais d’éprouver une juste crainte, de désirer sa venue dans une attente respectueuse. Le Christ nous propose, nous annonce, nous promet un accomplissement qui nous permettra d’être pleinement nous-mêmes.


Cette parabole du figuier nous apprend que nous devons être attentifs aux signes annonçant la venue du Fils de l’homme ‘’Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche, de même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte’’.


Notons que le figuier retrouve ses feuilles chaque année. De la même manière, avec la grâce de Dieu, il y a une perfection à vivre, quelque chose de plus à recevoir et à laisser s’installer en nous de façon cyclique. Le Seigneur vient remplir nos attentes, combler nos manques l’un après l’autre à l’image de la cathédrale qui fut bâtie pierre après pierre afin d’embellir l’édifice jusqu’à la pose du toit.


Le danger serait de nous intéresser uniquement à la rencontre avec Jésus à la fin des temps et de nous trouver dérangés et déprimés par l’imperfection de notre quotidien alors que le Seigneur nous invite à emprunter chaque année, comme le figuier, un chemin nouveau. Ne passons pas à côté des fruits de perfection que le Seigneur aura semés et fait germer dans notre vie quotidienne mais réjouissons-nous, cueillons-les et rendons grâce.


De manière un peu ludique, la fable du héron de Jean de La Fontaine - que je vous suggère de relire - illustre assez bien ce que le Seigneur nous invite à faire en utilisant l’image du figuier. Ne restons pas focalisés sur les grands bouleversements que le Seigneur peut faire dans notre âme et en particulier sur ce grand cadeau de la rencontre finale avec lui, mais sachons nous nourrir au quotidien de la présence du Fils de l’homme que nous sommes invités à regarder, à découvrir, à contempler en ouvrant les yeux sur les floraisons et les fruits que le Seigneur nous donne. Même s’il reste beaucoup à faire pour atteindre la perfection, gardons-nous de dédaigner ce que le Seigneur nous donne de beau, de tellement grand déjà. Il est venu en aide à notre imperfection, Il est venu guérir certaines de nos cécités, de nos maladies, Il est venu fortifier nos faiblesses. Ne nous laissons pas prendre au piège comme le héron ‘’On hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de rien dédaigner’’ mais ayons ces prises de conscience des venues quotidiennes du Seigneur dans nos vies.


Ne cherchons pas la perfection dans nos petits efforts personnels, mais retrouvons la centralité du Christ dans l’ordinaire de nos vies. Lors de ses prédications, le saint curé d’Ars ne cessait de répéter en regardant le tabernacle ‘’Il est là ‘’.

Que la perfection du Christ au milieu de nous, vienne nous illuminer ! La Croix est au cœur de nos vies, au cœur de la liturgie, sur l’autel, surplombant le mur du jubé. Dans la symbolique judéo-chrétienne, le Christ est attendu, Il est le sommet, la source de la perfection, Lui seul peut apporter cette complétude à laquelle notre âme aspire.

Amen




Homélie de don Edouard,

Le 28 Novembre 2021

J’ai la chance de venir chaque jour dans cette cathédrale et souvent je m’interroge sur la durée des travaux, mais il n’est pas si facile d’attendre sans même connaître la date d’échéance. Désirer, espérer, parfois s’impatienter ; voilà ce qui peut animer notre cœur. Avec le temps de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. L’Evangile nous dit d’être vigilants, de nous tenir sur nos gardes, de nous préparer à un événement. Nous savons que Celui qui est venu il y a 2000 ans, reviendra à la fin des temps - nous l’avons célébré dimanche dernier avec la fête du Christ-Roi. Face aux événements dans le monde et dans l’Eglise, nous pouvons parfois ressentir du désespoir, de la fatigue mais l’Avent signifie la venue, la visite. Nous sommes des disciples de Celui qui est venu et qui a fait une promesse, celle de revenir à la fin des temps. Cet avènement nous ne pouvons pas le voir mais nous pouvons croire que Dieu va venir et qu’Il est déjà là.

Lors de la venue du président de la République, à l’occasion du lancement des 800 ans de Notre-Dame d’Amiens, tous voulaient le voir pour le saluer individuellement. De la même manière, nous, baptisés, confirmés, ou sur le point de l’être, croyons-nous que Jésus vient nous voir pour nous visiter individuellement ? Avons-nous assimilé que Dieu veut entrer dans chacune de nos vies, dans notre expérience quotidienne ? Prenons-nous du temps pour Dieu, alors même qu’il est déjà difficile de trouver du temps pour soi ? Parfois nous sommes happés par la frénésie de la société, en effet les occasions de divertissements et de distractions sont multiples, les événements nous submergent. Chers frères et sœurs, l’Avent est ce temps où l’on s’arrête.

Nous devons être attentifs à la présence du Seigneur et prendre conscience qu’Il est là pour chacun de nous. Afin de percevoir sa présence, relisons notre journée, nous verrons alors que Dieu s’est manifesté à travers les événements, par un sourire, un regard. Pourquoi ne pas tenir un ‘journal intérieur’, qui détaillerait la manière qu’a eu Dieu de nous aimer à travers les événements de la journée ; une autre façon, chaque soir pendant l’Avent, de faire notre examen de conscience. Nous aurons alors un regard différent sur le monde, nous serons remplis de gratitude et de joie devant Celui que nous attendons et qui se rend présent. L’Avent c’est le temps de l’attente, à l’image du Petit Prince, qui se réjouit d’attendre son ami car son temps est habité par la certitude qu’il va venir. A l’opposé, dans la pièce de Samuel Beckett, En attendant Godot, nous sommes dans l'attente absurde car celui que le personnage attend ne vient jamais. Si nous attendons de manière absurde, sans comprendre le sens de cette attente, cela devient insupportable mais si nous comprenons que le Seigneur vient et nous aime, l’attente devient alors savoureuse. Chers frères et sœurs, comment attendez-vous Dieu, comment l’espérez-vous ?

Dieu vient parfois à l’improviste. Au dessus du Portail du Beau Dieu, nous voyons dix jeunes filles avec leur lampe qui attendent le retour de l’époux. Certaines n’étaient pas prêtes, d’autres ont attendu avec des réserves d’huile, sachant qu’il venait. Les enfants, eux aussi, attendent de grandir, de réussir leurs examens puis, plus tard, nous attendons de réussir en entreprise, pour enfin attendre la retraite. Un jour vient, et c’est peut-être maintenant, où nous pouvons être déçus d’avoir tant attendu pour un résultat parfois médiocre. A l’opposé, lorsque nous attendons Dieu, nous ne sommes jamais déçus, cela s’appelle l’Espérance, alors passons de l’espoir à l’Espérance. Même lorsque le temps passe, que les jours s’en vont, que la vieillesse surgit et que nous connaissons la contrariété, l’épreuve, la maladie, nous pouvons toujours espérer car Dieu est là. Nous avons la certitude, que Celui qui est là depuis notre conception et jusqu’à notre mort, nous donnera un jour la joie éternelle.

Chers frères et sœurs, l’Avent nous propose Jésus, Celui qui est venu et qui vient à nouveau, ainsi aucun temps que nous vivons ne peut être vide de sens. Même lorsque nous rencontrons l’épreuve, ayons la certitude qu’Il nous aime, qu’Il nous regarde individuellement et nous accompagne. Quelles que soient les difficultés, gardons la joie et la paix intérieure car Il est là. Demandons à la Vierge Marie, qui représente toute l’humanité en attente du Sauveur, d’attendre avec confiance. Demandons-lui de nous faire un ‘cœur d’Avent’, un cœur qui reconnait la présence et l’action de Dieu dans notre quotidien. Dieu vient par les événements, les personnes, les circonstances de nos journées, alors exerçons-nous à attendre, d’une attente que Dieu habite, avec un cœur rempli d’Espérance. Amen



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